Les États ont perdu la télé. Ils veulent maintenant Internet

Les États ont perdu la télé. Ils veulent maintenant Internet

Vous avez sans doute remarqué, ces dernières années, l’intrusion de plus en plus visible des États dans le fonctionnement des réseaux sociaux, des messageries et, plus largement, d’Internet.

Pressions politiques, lois liberticides, tentatives d’imposer des systèmes d’identification, exigences de « backdoors »… Rien de tout cela n’est anodin.

Ce n’est pas une coïncidence.
C’est un basculement stratégique.

La fin de l’Internet libre et la naissance de la souveraineté numérique

Pendant des décennies, le cœur de la formation de l’opinion publique se situait à la télévision et dans les médias traditionnels.

Ce modèle a commencé à se mettre en place dès les années 1950 et a longtemps été l’outil principal des gouvernements pour façonner les récits, orienter les débats et imposer des narratifs officiels.

Un monopole qui a duré environ 70 ans.

Mais ce monde-là est terminé.

Le cœur de l’information a changé de camp

Même les élites occidentales les plus lentes à comprendre les mutations technologiques ont fini par l’admettre : l’opinion publique ne se forme plus à la télévision ou dans les médias traditionnels.

Elle se forme désormais sur les réseaux sociaux et plus largement sur internet qui offre désormais de plus en plus de médias alternatifs.

La télévision est morte, démographiquement

Les réseaux sociaux ont prouvé une chose essentielle : la vaste majorité de la population ne consomme plus l’information par les canaux traditionnels.

Ajoutez à cela un facteur démographique fondamental : la « génération télévision » vieillit et disparaît progressivement, tandis que les générations qui la remplacent ont grandi exclusivement avec Internet et les réseaux sociaux.

Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour comprendre ce que cela implique.
La télévision n’a plus qu’un impact marginal sur la formation des opinions des nouvelles générations.

Selon le Digital News Report du Reuters Institute, plus de 70 % des 18–34 ans s’informent désormais principalement via Internet et les réseaux sociaux.

La télévision ne conserve une position dominante que chez les plus de 55 ans, une population vieillissante et démographiquement en déclin.

En parallèle, environ 60 % des citoyens déclarent aujourd’hui être exposés à l’actualité via les réseaux sociaux, contre à peine 40 % par les journaux télévisés.

L’information n’est donc plus recherchée activement à travers des canaux centralisés, mais rencontrée passivement au sein de flux numériques décentralisés, ce qui explique le déplacement progressif du centre de gravité informationnel vers Internet et, par ricochet, la perte de contrôle des États sur la formation de l’opinion.

La panique des États

Or, pendant des décennies, la télévision a été l’outil central de contrôle narratif des États.
Aujourd’hui, les gouvernements réalisent brutalement qu’ils ont perdu cet outil.

La réaction est donc logique, presque mécanique.

Pour conserver le contrôle idéologique des prochaines générations, les États doivent déplacer leur attention, leur pression et leur arsenal juridique vers les réseaux sociaux et internet.

C’est exactement ce que nous observons.

Explosion de la censure et du contrôle

Ces dernières années, le contrôle, la censure et les actions politiques visant à faire taire les voix dissidentes ont explosé.

Et cette tendance ne fait que commencer.

Il ne s’agit pas de protéger qui que ce soit, ou une idée ou un tabou en particulier.

Il s’agit de reprendre le contrôle du narratif.

Plus un État perd le contrôle de sa population, plus il tente de renforcer ce contrôle.

C’est un phénomène historique bien connu. Quand le pouvoir vacille, il devient autoritaire, voire tyrannique.

Pressions, intimidations et backdoors

Récemment, nous avons vu des États occidentaux multiplier les pressions contre les plateformes numériques et les messageries.

Arrestations, perquisitions, intimidations judiciaires, menaces de sanctions… tout y passe.

La corrélation est évidente : perte de contrôle politique interne = resserrement autoritaire.

Les pays où les gouvernements sont les plus fragiles politiquement sont précisément ceux où les attaques contre la liberté d’expression sont les plus violentes.

La France en est un parfait exemple. Le pays est en quasi-faillite et connaît un déclin profond, ce qui, comme vous le savez désormais, ne fait qu’accentuer les tendances autoritaires du gouvernement. Celui-ci multiplie les attaques contre la liberté d’expression, comme en témoignent notamment l’arrestation de Pavel Durov ou encore la perquisition des bureaux de X à Paris.

Le prétexte des enfants

Les lois prétendument destinées à « protéger les enfants sur les réseaux sociaux » s’inscrivent exactement dans cette logique.

Ce sont des tentatives de contrôle déguisées.

Le véritable objectif n’est pas la protection des mineurs.
Il est ailleurs.

Ces lois visent à instaurer des systèmes d’identification obligatoires pour l’ensemble de la population, afin de supprimer l’anonymat, tracer chaque individu et pouvoir réprimer plus efficacement toute voix dissonante.

Les États occidentaux se soucient peu du sort des enfants, ça serait nous prendre pour des imbéciles, surtout quand on sait, preuves à l’appuei, que la majorité des élites occidentales sont impliquées dans l’affaire Epstein.

Non, les élites occidentales ne se soucient que du contrôle.

Une guerre générationnelle

Ces mesures ont également un autre avantage stratégique pour les États occidentaux, qui essayent de faire d’une pierre, deux coups en bloquant l’accès aux jeunes.

Depuis plusieurs années, la jeunesse tend à se positionner de plus en plus à droite, tandis que les générations plus âgées, issues de l’ère télévisuelle, restent majoritairement à gauche.

Eh oui, quand les jeunes voient le réel, c’est très difficile ensuite de leur vendre des histoires.

Limiter l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, c’est donc aussi :

Car le réel ne peut pas être caché sur les réseaux sociaux : violences, insécurité, immigrations massive, scandales, colères populaires, chômage de masse, départs massifs à l’étranger des entrepreneurs et travailleurs etc.

Des images que la télévision refuse de montrer.

Deux stratégies dans le monde

À l’échelle mondiale, on observe aujourd’hui deux grandes méthodes de contrôle.

  • Première méthode : la perversion des réseaux sociaux
    Principalement utilisée par les pays occidentaux.
    Elle consiste à vous laisser croire que vous êtes libre, tout en manipulant massivement les algorithmes, en favorisant le narratif officiel et en attaquant juridiquement les voix dissidentes. Un modèle qu’on appelle souvent orwellien.
    Un cadeau empoisonné : vous utilisez la plateforme, mais elle travaille contre vous, manipule votre perception de la réalité, vous désinforme en permanence et aspire vos données.
  • Deuxième méthode : l’interdiction pure et simple
    Certains pays, comme la Russie, la Chine et d’autres, préfèrent bloquer directement les plateformes qu’ils ne peuvent pas contrôler. C’est brutal, mais au moins le message est clair.
    Parfois, cette interdiction est accompagnée de la promotion d’une alternative contrôlée par l’État : en Russie ce sera MAX, en Chine ce sera WeChat.

À titre personnel (cela n’engage que mon avis), la deuxième méthode est tout de même préférable.

Déjà parce qu’elle est presque plus honnête, mais surtout, parce que rien n’est pire que de se faire aspirer toutes ses données par l’État. Donc à choisir, mieux vaut une interdiction assumée, qui au moins me permet de protéger mes données et mon identité, plutôt qu’une liberté illusoire fondée sur la manipulation et la surveillance de masse, qui a la fin, me rend beaucoup plus vulnérable et fragile dans la société.

L’entrée dans une nouvelle ère

Dans cette nouvelle ère de l’Internet sous contrôle, le quotidien du citoyen lambda se transforme subtilement mais profondément.

Là où l’Internet libre permettait autrefois une navigation largement anonyme, des échanges spontanés et une exposition directe à une pluralité de points de vue, l’espace numérique devient désormais un environnement surveillé, filtré et conditionné.

Chaque interaction laisse une trace, chaque compte est de plus en plus lié à une identité réelle, chaque parole publique est potentiellement archivée, analysée et recoupée.

Les plateformes restent accessibles en apparence, mais les algorithmes orientent silencieusement les contenus visibles, réduisent la portée des discours non conformes et favorisent les récits validés par le pouvoir politique ou institutionnel.

Le citoyen n’est plus censuré frontalement, il est invisibilisé, découragé, parfois sanctionné administrativement, économiquement voire juridiquement.

Comparé à l’Internet libre des années 2000 et 2010, où la surveillance existait mais restait fragmentaire et techniquement limitée, l’Internet sous contrôle repose sur une surveillance systémique, industrialisée, rendue possible par le big data, l’intelligence artificielle et l’obligation progressive d’identification.

Le réseau n’est plus un espace d’émancipation spontanée, mais un territoire politique à part entière, où la liberté d’expression devient conditionnelle, réversible, et étroitement liée à la capacité de l’individu à protéger sa souveraineté numérique.

La fin de l’Internet libre a déjà commencé

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine : l’âge de l’Internet libre touche à sa fin.

Nous entrons dans l’ère de l’Internet sous contrôle.

Et comme toujours dans l’histoire, toute tentative de contrôle engendre des stratégies de contournement par la population.

C’est aussi vieux que le monde et l’Histoire déborde d’exemples, comme la Samizdat ou la Prohibition.

Après l’Internet libre, l’âge de la souveraineté numérique

L’ensemble de ces stratégies de protection, de contournement et de résilience est regroupé sous un terme : data privacy

En français, on traduit ça par protection des données, parfois appelée aussi souveraineté numérique.

Et c’est précisément ce sujet qui est désormais le cœur de mon travail.

Car plus nous avançons dans ce nouveau paradigme, plus la souveraineté numérique devient un sujet central, connecté à tous les autres.

Elle est indissociable de la liberté d’expression, fondement de toute société libre.

Ce n’est pas pour rien que c’est le premier amendemant aux USA.

Les Sentinelles

Si vous souhaitez vous préparer au monde dans lequel nous venons d’entrer, si vous voulez comprendre comment protéger votre anonymat, vos données et votre liberté d’expression, je vous invite à me suivre.

Je construis ici une communauté autour de cette fameuse souveraineté numérique.

Elle s’appelle les Sentinelles.

Les pré-inscriptions pour faire partie de la communauté les Sentinelles et rejoindre le nouveau Discord sont désormais ouvertes.

Le lien pour s’inscrire : thegeosentinel.com/inscriptions

Cet article couvre les catégories suivantes :

Souveraineté numérique

GeoSentinel est consultant et entrepreneur indépendant, spécialisé dans la protection de la vie privée, la souveraineté numérique et l’OSINT. Il s’appuie sur une approche méthodique, une pédagogie limpide et des usages concrets pour transmettre au plus grand nombre les clés de l’autonomie et de la résilience numérique.

Articles Récents

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *