Ce n'est plus réservé à une niche. La population occidentale dans sa globalité commence à prendre conscience du niveau de surveillance en place aujourd'hui — il était temps. Les médias mainstream commencent, tout doucement, à en parler… parce qu'ils n'ont plus vraiment le choix.
Arte vient de diffuser un nouveau documentaire qui illustre exactement cette bascule. Et quand Arte s'empare à nouveau du sujet avec cette régularité, c'est que la prise de conscience du public a franchi un certain cap. Ce que les initiés savaient depuis des années commence enfin à sortir des cercles spécialisés.
Les signaux d'une bascule generale
Plusieurs signaux, mis bout à bout, dessinent cette bascule :
- La migration vers Linux s'accélère nettement depuis la fin de support de Windows 10, avec plusieurs millions de téléchargements de distributions comme Zorin OS sur les derniers mois.
- Monsieur tout le monde commence à se méfier de Facebook, Instagram et compagnie.
- Et surtout, une partie croissante du grand public délaisse les grands médias au profit d'applications comme Telegram, pour avoir un autre son de cloche que le discours officiel.
Dans ce contexte, Arte produit un documentaire sur la surveillance numérique tous les 2-3 mois depuis plus d'un an — une fréquence nettement plus soutenue qu'auparavant, alors même que le sujet n'était traité que ponctuellement depuis les révélations de Snowden en 2013.
On se fout gentiment de vos gueules, les amis. 😁
L'ironie des médias qui découvrent la surveillance… tout en diabolisant Telegram
L'ironie du système et des médias mainstream, c'est que dans le même temps où ils commencent à se positionner en experts de la surveillance numérique, ces mêmes médias vous pondent aussi un documentaire sur Telegram — et sur à quel point ce ne serait pas bien.
C'est fort, quand même. Il ne faudrait surtout pas vous inciter à vous tourner vers l'une des rares applications où la parole n'est pas censurée par le système, où les contenus ne sont pas triturés par un algorithme, et où vous pouvez accéder à l'information directement à la source, via des experts et des journalistes de terrain — et non des pseudo-journalistes de plateaux télé. Sinon, ça voudrait dire que vous n'avez plus besoin de vous informer via des médias souvent très biaisés. Et ça, c'est hors de question.
Donc Telegram, pas touche. C'est pour les méchants, paraît-il.
Ces documentaires misent souvent sur des scènes de descentes policières et de longues tirades sur la cybercriminalité — de quoi installer, dans l'esprit du grand public, juste assez d'images négatives pour dissuader d'utiliser l'application.
Ce que ces documentaires oublient de replacer dans son contexte
Ce que ces reportages ne remettent presque jamais en perspective, c'est le contexte global. Telegram, c'est plus d'un milliard d'utilisateurs. Et Pavel Durov a lui-même affirmé publiquement, en 2024, que 99,999 % des utilisateurs de Telegram n'ont rien à voir avec la criminalité — les activités illicites ne représenteraient que 0,001 % des usages. Une déclaration du fondateur de la plateforme, donc à prendre comme telle plutôt que comme un audit indépendant, mais qui donne un ordre de grandeur utile pour remettre les choses en perspective.
En comparaison, Twitter (X), qui compte plus de 600 millions d'utilisateurs — soit près de 400 millions de moins que Telegram — est une plateforme documentée pour son usage par les cartels mexicains : rien que le réseau du cartel de Sinaloa y totaliserait plus de 140 millions d'abonnés cumulés selon une étude académique, avec des comptes affichant leur appartenance de façon largement assumée. Des dynamiques comparables ont également été documentées sur Instagram et Facebook.
Bizarrement, on ne vous fait aucun documentaire sur le fait que Twitter ou Facebook sont, eux aussi, des plateformes largement utilisées par le narcotrafic. Ça ne met pas en péril le système ou le narratif officiel, alors ça passe sous silence.









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